Pour la première fois, les communes de la région Sahel au Burkina Faso, adoptent et ajoutent la planification familiale à leurs budgets

Par Nongma Sawadogo

Nongma Sawadogo dirige le travail sur la santé des femmes et des enfants pour le programme FCI de Management Sciences for Health (MSH) au Burkina Faso. Cet article est apparu sur le blog K4Health.

Un kiosque de planification familiale au salon de la santé au Burkina Faso. © 2011 Centre pour les programmes de communication, avec la permission de Photoshare

Quand j’étais en formation pour devenir sage-femme, une hôtesse de l’air,  sans argent et dans un  état critique, se présentait  à la maternité de l’hôpital  Yalgado Ouédraogo de Ouagadougou, après avoir eu recours à un avortement raté.  Mes collègues et moi avons cotisé de l’argent afin de lui procurer  ses médicaments essentiels, mais malheureusement elle a succombé à ses saignements (hémorragie)- malgré le fait que nous lui avons administré ses médicaments.

Nous étions choqués. Et je pensais que  nous devons absolument faire quelque chose pour améliorer la santé reproductive des femmes. Quand je pense que cette femme aurait pu être sauvée si seulement elle avait eu accès à la planification familiale. Cela m’a rappelé la raison pour laquelle  je voulais devenir sage-femme (maïeuticien)  – pour sauver des êtres humains.

Cependant,  la planification familiale ne commence pas avec les sages-femmes ou les médecins. En effet, elle commence avec les décideurs politiques et un budget adéquat alloué à cette fin. La planification familiale débute par une forte  volonté politique et de l’argent. Les dirigeants peuvent s’inspirer pour améliorer  l’accès aux services de contraception et de santé reproductive, mais ils doivent aussi  impérativement prouver cet engagement en les incluant parmi les éléments principaux de leurs budgets locaux et  explicitement sur le plan auquel le gouvernement  local envisage l’usage des fonds publics.

Pour la première fois, les communes rurales de Gorgadji et Seytenga dans le Sahel, une des régions  les  plus pauvre du Burkina Faso, où le taux de prévalence de la contraception moderne est de 7% (EDS 2010) ont enfin inclus des activités de planification familiale dans leurs budgets de 2017. Ceci,  grâce au plaidoyer soutenu et acharné du Programme FCI de MSH et des organisations communautaires locales.

Avec le financement du “Fonds d’opportunité/ Opportunity Fund” géré par PAI et financé par Advance Family Planning, le programme FCI de MSH a organisé une séance de stratégie avec des défenseurs et des leaders communautaires pour identifier les approches permettant d’engager les maires et le conseil municipal afin de développer des messages sur le rôle important de la planification familiale dans la réduction des taux élevés de mortalité maternelle et infantile. Ensuite, nous avons utilisé ces messages pour plaider auprès des maires des communes de Gorgadji et Seytenga débouchant sur  la discussion du rôle central des femmes dans les familles au sein de leurs communautés et  l’importance de la budgétisation des services de planification familiale pour protéger la santé et les droits de la femme.

À la suite de ces sessions et lors du processus de budgétisation annuelle de 2017, Gorgadji et Seytenga ont alloué pour la première fois 2 millions de CFA (US $ 3 200) et 500 000 CFA (800 dollars) respectivement à la planification familiale. Ces communes achèteront des contraceptifs y compris des préservatifs et distribueront des tracts. Des informations sur la planification familiale seront diffusées à la radio et des sketches de théâtre pédagogiques seront organisés pour faciliter l’explication des ateliers montrant comment et pourquoi la planification familiale. Les fonds de planification familiale alloués soutiendront également la semaine nationale de la planification familiale ,qui se tiendra chaque année en mai et en décembre pendant laquelle des équipes communautaires de chaque district dirigent des activités en collaboration avec des centres de santé.

Bien que ces allocations budgétaires soient relativement faibles, elles constituent un précédent pour le soutien continu des dirigeants à la planification familiale. Elles  représentent aussi une victoire que les défenseurs peuvent exploiter pour les  futures initiatives de plaidoyer dans la région du Sahel.

Notre travail en tant que défenseur continue et ne s’arrête pas lorsqu’un élément de campagne pour la planification familiale est ajouté au budget. Maintenant, nous devons nous assurer  que la promesse faite par les communes envers la population locale devient réalité. Le programme FCI de MSH et nos partenaires de la coalition pour la planification familiale poursuivront leur travail et étroite collaboration avec les  districts sanitaires- centres de santé au niveau des districts  pour surveiller la façon dont les fonds budgétisés sont dépensés. Nous continuerons  également à travailler avec un autre partenaire de l’ Advance Family Planning, Équilibres et Populations, pour renforcer les capacités des gouvernements locaux visant à assurer l’accès des femmes à des services de santé de qualité, y compris la planification familiale.

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